La bataille de Solférino, vous connaissez ?
Un léger petit rappel : c'est en 1859, lors de la campagne d'Italie, que les armées françaises de Napoléon III battent à Solférino les troupes autrichiennes .
Cette bataille fut très meurtrière et se déroula dans des conditions sanitaires particulièrement déplorables.
C'est après ce massacre et avoir beaucoup donné de sa personne pour apporter du soutien et de l'aide aux blessés et mutilés en tous genres qu'
Henri Dunant pensera à créer un organisme célèbre :
la Croix Rouge.
Quel rapport peuvent avoir un combat militaire du 19ème siècle, la Croix Rouge et un blog plutôt tourné vers la chose politique me direz-vous ?
Et bien Solférino justement. Pas la bataille....la rue !
Le siège du PS.
Depuis les européennes en effet, on sent le parti lourdement plombé. Les socialistes ont du mal a redémarrer la machine et les frondes internes commencent à gronder. Le siège du PS rue de
Solférino. Siège signifiant également en terme militaire, endroit que l'on entoure, que l'on encercle pour le prendre.
C'est visiblement ce que pensent certains militants exaspérés qui ne cachent plus leur
volonté d'en découdre avec Martine Aubry.
Pourquoi ? La première secrétaire avait pourtant tenté de rassembler les troupes à
Marcoussi. Las ! Insuffisant.
Depuis la déroute électorale du 7 juin, les déclarations assassines, les petites phrases, les invectives pleuvent :
"Dernière station avant le désert", "La génération qui dévore ses enfants", "stratégie absurde à en pleurer".... C'est donc bien d'une guerre dont il s'agit.
Incapable de se reconcentrer sur un programme et le choix d'un leader, le PS s'enfonce dans un sabordage médiatique puisque le temps est visiblement révolu où le linge sale se lavait entre
camarades loin des caméras.
C'est désormais à coup de
letttres, de billets dans leurs blogs, de
déclarations à la presse que Manuel Vals,
Martine Aubry, Julien Dray, Gérard Collomb et autres membres du parti se causent....
Plus que la critique facile sur cette agonie, c'est la question de survie d'un parti politique qui mérite d'être abordée.
Sur la forme d'abord, face à cette stratégie aveugle de destruction suicidaire, orchestrée, médiatique.
Sur la méthode aussi entre "anciens" et "nouveaux", les premiers se positionnant en défenseur éternels de la théologie post-marxiste et les seconds voulant prendre les rênes de l'appareil pour
tenter sa rénovation.
Sur le fond enfin, car voilà très longtemps que le débat d'idées et les propositions semblent éteints au PS.
Qui pourra sauver le PS ? Où est le
Henri Duant qui, exaspéré par ces déchirements et cette descente aux enfers viendra secourir et soigner le soldat socialiste ?
Ségolène reste étrangement muette en ce moment et beaucoup d'autres ont baissé les bras.
Pourtant, tout le monde sait q'un échec en 2012 signifierait, à coup sûr, la fin du PS. L'atmosphère lourde qui plane sur la rue de Solférino ne semble pas prête à se dissiper et promet encore
des combats virulents entre les combattants sous les yeux interloqués, désespérés, inquiets, déçus, amusés, moqueurs, des Français et de
François Bayrou.