
C'est vendredi, c'est permis !
Après le succès étonnant de l'épisode I sur
Nicolas Sarkozy, penchons nous cette fin de semaine sur l'équipe des "oranges" et plus particulièrement de son chef,
François Bayrou.
Retour donc d'un billet "Café du Commerce" pour parler en toute simplicité et sans se prendre au sérieux des conséquences des dernières échéances électorales et des scenarii possibles pour les
futures présidentielles.
Par où commencer pour parler de notre ami François ? Pas simple.
Nous avons eu l'opportunité de le rencontrer avant son meeting à Lyon, ce qui permet néanmoins de cerner un peu mieux ce personnage.
Ce qui est certain c'est que
la stratégie choisie par Bayrou n'est pas la bonne. Il va cependant avoir du mal à changer son fusil d'épaule demain (surtout que le canon du fusil était
tourné vers lui) après avoir écrit un pamphlet assumé et avoir concentré toute son énergie, son discours, contre et uniquement contre le Président de la République.
Monsieur Bayrou a eu raison de critiquer les
sondages. Visiblement, il ne les comprend pas !
En effet, il a eu une opportunité magnifique François !
Unique ! Qui ne se représentera plus de si tôt d'ailleurs : les français l'ont plébiscité comme
meilleur opposant à Nicolas
Sarkozy. Soit. Voilà où était sa chance. Il suffisait alors de présenter un programme (un PRO-GRAM-ME) concerté avec les têtes pensantes du MODEM, et il y en a. Un programme social-démocrate
adapté à la donne sociale et politique actuelle, avec une partie dédiée à l'environnement et à l'économie verte . Le MODEM aurait ainsi gagné toute sa crédibilité pour se positionner durablement
en deuxième force politique du pays.
Cet appel fort des français, cette demande était en outre grandement facilitée par l'effondrement et l'immobilisme du
PS qui n'arrive pas à se sortir de l'ornière.
Deux facteurs conjugués qu'il ne fallait surtout pas laisser passer !!!
Mais au lieu de ça, Bayrou, sans visiblement écouter ses fidèles lieutenants, s'est enfermé dans une stratégie de déni et d'opposition frontale vide de proposition. Mais que font les conseillers
en communication depuis quelques temps? On a vu que le tout sauf/contre Sarkozy ne marchait pas. C'est clair, c'est validé, c'est constaté, qu'attendent donc les éminents stratèges pour stopper
cette posture ?! En effet, ça n'a pas fonctionné pour les présidentielles, pourquoi les européennes auraient-elles changé les choses ? Mais c'est peut-être comme les sondages, François Bayou ne
les croit pas et ne les écoute pas....
Bref.
Si on trace une rapide perspective, l'horizon n'est pas tout rose, ni orange d'ailleurs, pour le MODEM et son patron... Certains
cadres commencent déjà à reprocher cette déroute à leur
chef.
Ils n'étaient déjà pas si nombreux à être restés aux côtés de François Bayrou, et l'
hémorragie risque de continuer devant son nouveau manque de légitimité et les attaques répétées de
l'extérieur pour disloquer un peu plus le parti.
Le MODEM a pris du retard. Il doit rapidement ré-écrire, ou écrire devrais-je dire, un
programme et ce n'est pas chose simple de le faire sur un champ de ruines.
Les
élections régionales pointent déjà le bout de leur nez et la tactique à mettre en oeuvre n'est pas évidente. Selon toute vraissemblance le MODEM va devoir paser par des alliances qui
vont encore un peu plus le rendre transparent et discret.
Il faut très vite remobiliser l'ensemble de l'
organigramme qui a du en prendre un sacré coup (relais locaux, militants etc...).
Enfin, le chemin pour les
présidentielles de 2012 semble très difficile d'acces pour Bayrou. Les seul choix pour exister vraiment seront peut-être d'attendre encore et encore de revenir
dans le jeu politique (un peu comme Chirac à l'époque), de s'
allier définitivement avec le PS, ou d'accepter plus tard, quand tout ça sera oublié une
alliance contre-nature et un
poste de premier ministre. Je ne crois pas trop à cette dernière hypothèse.
Coincé entre des militants mécontents, des collaborateurs aigris, un Président qui en rajoute, une opinion déçue, François Bayrou entame une énième
traversée du désert. Tel le Touareg, il
va finir par devenir un spécialiste de cette pratique !
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